Vous êtes graphiste freelance et avez du mal à fixer les tarifs de vos prestations ? Alors vous êtes bien tombé ! Ici, vous trouverez des conseils pour fixer vos tarifs de graphiste.

Mais pour commencer, si ce n’est pas déjà fait, je vous conseille vivement de lire notre introduction au pricing pour les freelances. Il s’agit en quelque sorte d’un pré-requis pour bien comprendre celui-ci.

On y a abordé les grands principes pour fixer ses tarifs en tant que freelance.

Maintenant, les graphistes doivent connaître certaines règles supplémentaires pour bien s’en sortir. Ces critères, propres à leur domaine, concernent notamment la cote et les droits d’auteurs.

À lire aussi : les tarifs des Rédacteurs Web

 

1. Les critères spécifiques aux graphistes

1.1 La « cote »

En fonction de vos compétences et de votre style, vous allez vous adresser à un certain public. Selon les moyens et la demande de cette niche, vous pourrez fixer des tarifs de graphiste plus ou moins élevés.

Mais ce n’est pas tout :

Au sein d’une niche spécifique, chaque graphiste a sa « cote ». Ce terme exprime la notoriété, le degré de confiance et d’estime dont vous jouissez dans le milieu que vous visez – autrement dit, votre réputation.

C’est une notion pertinente dans tout domaine d’activité, mais c’est encore plus vrai chez les graphistes.

Elle reste très délicate à estimer et à quantifier. Cependant, si vous êtes bien coté au sein de votre niche, vous êtes certainement au courant…

Et vos tarifs doivent s’en ressentir ! Gardez à l’esprit qu’une bonne cote peut tirer vos tarifs de base à la hausse, jusqu’à doubler ceux-ci, voire plus dans certains cas.

Il ne faut donc pas ignorer ce point, car plus votre cote sera élevée, plus vous pourrez facturer haut.

Inversement, si vous estimez que votre cote est à peu près nulle, prenez du temps pour soigner votre marketing, mieux connaître votre niche et répondre au mieux à ses attentes.

Le reste est surtout affaire de travail et de patience…

 

1.2 Les droits d’auteur

En tant que graphiste, vos productions sont soumises aux droits d’auteurs.

Ici aussi, l’approche est subjective puisque les prix sont libres et les pratiques très variées.

Vous devrez de toute façon céder une partie de vos droits de représentation, et éventuellement des droits de reproduction, voire d’adaptation. Chacun de ces droits peut faire ou non l’objet d’une cession.

Et cette cession se fera pour :

  • un domaine d’exploitation particulier (campagne de pub, site internet…)
  • un ou plusieurs supports (presse, internet, affiche…)
  • une durée limitée ou non (6 mois, 3 ans ou plus)
  • une zone géographique particulière ou non

Plus la cession des droits sera étendue, plus son prix sera élevé.

Pour des raisons pratiques, beaucoup de graphistes incluent de base cette cession dans leurs tarifs journaliers. N’hésitez pas à le faire, mais pensez toujours à bien le stipuler par défaut sur le devis et la facture.

Bien sûr, la cession des droits peut être un argument très important lors de la négociation de vos tarifs de graphiste pour une prestation.

 

Droits d’auteur : quels barèmes pour les graphistes web ou print ?

Les tarifs de cession de droits d’auteurs sont libres. Mais disposer d’un barème peut vraiment vous aider en fournissant une base solide à la négociation.

Malheureusement, il n’existe pas, à ma connaissance, de référence spécifique pour les tarifs de graphiste.

Cependant, l’UPP (Union des Photographes Professionnels) fournit des barèmes pour la cession de droits photos, y compris pour la diffusion internet. Leur document vous fournira des ordres de grandeur assez pertinents.

Les deux critères importants sont la durée et l’étendue de la diffusion.

Pour un site internet par exemple, plus le nombre de visites mensuelles sera important, plus le coût de cession de vos droits sera élevé. S’il s’agit d’une bannière pour une campagne publicitaire (web ou print), c’est la durée de la campagne et le nombre de personnes atteintes qui va compter.

Il n’est pas rare que la cession des droits d’auteur atteigne plusieurs centaines d’euros.

Par contre, assurez-vous de céder des droits que vous détenez !!! Vous devez bien sûr être l’auteur de tout le travail que vous facturez. Donc, attention aux sources (.psd ou autres) que vous seriez tenté(e) de réutiliser à votre compte…

fixer ses tarifs de graphistes

 

2. Alors un travail de graphiste, ça se facture combien ?

Les prix du marché, cela reste un repère important.

Voici des estimations de tarifs moyens, provenant des plateformes freelances sérieuses, comme Malt.

L’intérêt de ces estimations, c’est de vous donner des ordres de grandeur et de savoir quelles spécialités sont les mieux rémunérées…

Les tarifs sont donnés pour des graphistes expérimentés (au moins 5 ans d’expérience pro), mais les débutants ne doivent pas trop se brader ! Si vous n’avez pas encore beaucoup d’expérience, appliquez une décote raisonnable (pas plus de 25%).

 

2.1 Fixer ses tarifs de graphiste « classique »

On constate un tarif moyen par jour de 310 € environ, pour un travail de graphiste niveau « expérimenté ». Ce montant va varier en fonction de la ville et de la nature précise du travail.

 

2.2 Fixer ses tarifs pour un illustrateur

Un illustrateur est à peu près dans les mêmes tarifs qu’un graphiste. Comptez donc dans les 310 € par jour en moyenne pour une mission d’illustrateur.

 

2.2 Fixer ses tarifs pour un graphiste webdesigner

Si vous êtes spécialisé dans les maquettes de sites web, le tarif augmente un peu, et vous pourrez viser les 330€ par jour.

 

2.4. Fixer ses tarifs pour un directeur artistique (DA)

Le D.A. freelance, qui typiquement va encadrer une équipe de graphistes, pourra facturer aux environs de 350 € par jour.

À lire aussi : les 17 jobs à faire depuis son domicile

 

3. Le témoignage d’une graphiste freelance

Pour compléter cet article, voici le témoignage d’une graphiste freelance.

May Lopez accompagne au quotidien les créateurs et les chefs d’entreprise au niveau de leur communication et le graphisme tient une place importante dans ses prestations. Voici son site pro : maylopez.fr

Elle tient aussi le blog viedemiettes.fr depuis plus de 10 ans.

 

En quelques mots, comment fixes-tu tes tarifs ?

C’est finalement assez simple et assez mathématique. Il faut juste prendre le temps de faire quelques calculs.

J’ai regroupé, tout d’abord, toutes mes charges et ce dont j’avais besoin pour vivre (courses, impôts, prêt de l’appartement, EDF/GDF, loisirs, etc.). Cela m’a donné une idée du salaire net minimum nécessaire que je devais toucher chaque mois.

J’ai, ensuite, calculé les frais pour mon activité (abonnement Adobe, frais de comptabilité et de déplacement, achat de polices, matériel informatique, etc) ainsi que les charges sociales.

J’ai réfléchi, enfin, à combien de jours et d’heures je voulais (et pouvais !) travailler et facturer. Personne n’est obligé de vouloir travailler 60 heures par semaine, même en étant à son compte. Il ne faut pas oublier qu’une partie du travail n’est pas facturable (prospection, communication, comptabilité, etc.). Il faut également compter les vacances et les « congés maladie ».

Ensuite, c’est un simple calcul mathématique :

( salaire net souhaité + charges sociales + frais ) / nombre d’heures que vous envisagez de facturer par mois

Si vous voulez vous simplifiez la vie, cette application devrait vous être fort utile : https://www.kob-one.com/calcul-salaire-freelance/. Je trouve ce simulateur particulièrement bien fait.

 

Peux-tu nous donner un exemple typique de prestation et de tarif associé ?

Pas d’exemple typique, puisque je travaille au temps passé.

J’utilise l’application Toggl en ligne qui est parfaite pour chronométrer mon temps, m’assurer que je ne fais pas rien de mes journées (j’avais souvent l’impression de finir ma journée en n’ayant absolument rien fait avant de l’utiliser, alors que c’est évidemment faux, là, j’ai tout sous les yeux, et je me rends compte que le temps passé à répondre aux mails, par exemple, est assez long !).

Cela me permet aussi d’ajuster mes tarifs de graphiste au plus juste.

Je propose aussi des forfaits à mes clients, en fonction de leurs besoins, en leur assurant que si je venais à y passer moins de temps, je ne leur facturerai que le temps réellement passé – ce qui n’est pas le cas dans l’autre sens.

Toggl me permet de m’assurer du temps passé sur chaque client, de faire une moyenne sur mes différentes prestations, et d’ajuster mes tarifs au fil du temps.

 

As-tu un ou des conseil(s) ou mise(s) en garde à adresser aux débutants dans ton domaine ?

L’erreur de débutant est sûrement de compter son « tarif » comme si on était salarié et qu’on allait pouvoir facturer, chaque jour, 8 heures par jour de travail. Alors, qu’évidemment, le temps facturé est moindre et que la moitié de ce que je gagne, à la louche, constitue les frais de l’entreprise.

Pour vous donner une idée, je dirais qu’aujourd’hui, je passe en moyenne :

  • 30% de mon temps à “créer”,
  • 30% à échanger avec mes clients et mes futurs clients
  • et enfin 30% pour gérer la communication, l’administration et la comptabilité.

Le temps de création est finalement assez court. Je facture à mes clients la gestion de projet. Cela fait partie intégrante du travail ensemble d’ailleurs !

Le dernier conseil serait de calculer tout de suite des tarifs viables.

Je connais plusieurs indépendants qui ont commencé en freelance avec l’Accre et en micro-entreprise. Ils avaient alors des charges très réduites. Cela fut compliqué d’ajuster les tarifs après quelques mois ou années ensuite.

L’Accre est là, avant tout, pour vous aider, en aucun cas pour proposer des tarifs réduits à vos clients !

Et puis, même si c’est dur au départ, il est essentiel de prendre conscience de la valeur de son travail et de ne pas le sous-estimer. J’avais lu, lorsque je me suis lancée, une phrase d’un entrepreneur qui conseillait de faire chaque devis en se disant « à ce tarif-là, je suis heureux de me lever et de travailler ! ». Je garde cette phrase dans ma tête.

 

Qu’est-ce qui fait selon toi la spécificité du pricing pour un(e) graphiste freelance ?

A mes yeux, il est essentiel que je puisse échanger avec mes clients sur ma façon de calculer mes tarifs.

Le domaine de la création a toujours quelque chose de très opaque. C’est important, pour moi, de pouvoir expliquer mon fonctionnement et la façon dont j’ai calculé mes tarifs au plus juste.

Cela me permet aussi d’expliquer que je ne peux pas me permettre de faire des réductions.

J’ai décidé de travailler uniquement sur des communications émotionnelles, sur-mesure et créatives. J’ai peu de clients et on passe beaucoup de temps à échanger ensemble.

Les nombreux aller-retour et les tâtonnements font partie intégrante de mon processus créatif. Cela se ressent, bien sûr, au niveau de mes tarifs. C’est la façon dont je travaille le mieux et qui correspond le plus à mes valeurs. J’en souris souvent en me disant que je fais de la « slow communication ».

Quelle que ce soit votre façon de travailler, l’essentiel est que vos tarifs soient justes par rapport à la prestation que vous proposez et à votre expertise.

 

Petit récap’ sur les tarifs de graphiste… Par La Webeuse

Vous l’aurez compris, fixer ses tarifs de freelance graphiste est très subjectif et dépend beaucoup de la qualité des prestations et de la renommée. Pour conclure, on peut se baser sur l’excellent conseil de May :

[Tarifs graphiste = (salaire net souhaité + charges + frais) / nombre d’heures mensuelle que l’on souhaite travailler]

…Tout en gardant les pieds sur terre : vous ne pouvez pas envisager un salaire net de plusieurs milliers d’euros pour une poignée d’heures travaillées 😉 …

 

Comment fixer ses tarifs de graphiste

 

Graphiste freelance : comment fixer ses tarifs ?
4 pour 4 votes

Ne partez pas ! Ça pourrait vous intéresser :